Nos combats

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Alors que la Ligue de Défense des Conducteurs n’est pas loin de compter vingt ans d’engagement aux côtés de ses sympathisants, force est de constater que, malheureusement, les combats à mener se sont multipliés.

Notre premier cheval de bataille a été – et demeure – la lutte contre la répression routière automatisée, qui s’est industrialisée dans la foulée de l’installation du premier radar fin 2003. Le discours officiel se focalisant sur la vitesse en tant que facteur principal des accidents, rien de plus simple alors que de justifier le déploiement de milliers d’appareils à travers la France. Les années passant, ce dispositif s’est rapidement avéré générateur de juteuses recettes (on frôle désormais les 15 milliards d’euros en vingt ans !)… Et alors que depuis une dizaine d’années, la mortalité routière ne fait que stagner (3 500 personnes décèdent en moyenne tous les ans sur les routes de France métropolitaine et Outre-mer), le recours à des radars toujours plus sophistiqués reste malgré tout une priorité pour l’État. 

Les décrochements de recettes entre 2018 et 2020 résultent des dégradations opérées sur les radars durant le mouvement des Gilets, puis du confinement « Covid-19 ». À noter que depuis 2020, le montant des amendes forfaitaires majorées n’est plus systématiquement précisé. Il faut alors se contenter d’estimations. La projection sur 2024 ne tient pas compte des radars endommagés pendant les manifestations d’agriculteurs ou les soucis rencontrés par les radars chantier. Le pactole sera donc sûrement moins élevé.

Cette situation, que nous avons dénoncée très concrètement l’an passé dans le cadre de notre colloque à l’Assemblée nationale, nous amène à rappeler sans cesse que le progrès des véhicules, de la prise en charge des accidentés ou des infrastructures routières ont une large part dans l’amélioration de la sécurité routière. Rien à faire, une nouvelle loi autorise désormais les communes, métropoles et départements à installer et gérer des radars automatiques… qui s’ajouteront aux 4 160 radars « nationaux » de plus en plus perfectionnés quadrillant déjà la France (plus 1 000 cabines-leurres). Parmi eux, les très redoutables voitures-radars privatisées, non signalées et donc indétectables, déployées depuis 2018 et auxquelles nous avons consacré une étude très complète en 2023… Le rapport simpliste entre accidentologie et vitesse continue de sévir.

Avant l’avènement des radars, le problème de la sécurité routière se posait pourtant en termes sains : comment épargner un maximum de vies pour un coût acceptable pour la collectivité ? La solution passait, certes, par la répression ciblée. Mais elle reposait avant tout sur la responsabilisation des conducteurs, sur la prévention et l’éducation routière. Expliquer aux automobilistes les risques encourus, leur apprendre à cohabiter avec tous les usagers de la route et, bien sûr, sanctionner ceux qui ne respectaient pas ces règles du « vivre ensemble » sur la route. Pour nous, c’est ça, la véritable sécurité routière.

À ce combat historique contre la répression automatisée et brutale, la mise en accusation généralisée des conducteurs et la recherche systématique de recettes fiscales par la multiplication des radars, nous avons donc ajouté de nombreuses nouvelles thématiques. Elles partagent toutefois un point commun avec notre « raison d’être » initiale. Qu’elles concernent la lutte contre les mesures de restriction de circulation, contre la mise en place de barrières privant les seniors de leur droit de conduire, contre la fiscalité délirante liée à l’usage automobile, ou encore contre la dégradation des routes, elles s’inscrivent toutes dans la même logique : contester des décisions politiques, souvent dogmatiques, qui font des conducteurs une cible facile et systématique.

Isolément, chaque citoyen ne peut que subir ces dérives intolérables. En revanche, en réunissant le plus grand nombre d’automobilistes raisonnables et en faisant entendre leur voix pour en finir avec cette répression absurde et passer à une politique efficace de sécurité routière, notre impact est réel.

Au quotidien, l’association agit :

– en produisant et en décryptant de l’information. L’information est de moins en moins transparente et se transforme inexorablement en opérations de communication à la gloire des ministères chargés des sujets liés à la mobilité individuelle en général (Transports, Intérieur, Aménagement du territoire, Décentralisation, Transition écologique, Économie…).

– en informant le plus grand nombre. Grâce à nos courriers, nos mails, nos articles sur notre site, nos posts sur les réseaux sociaux, nos communiqués de presse, nos prises de parole dans les médias, de plus en plus de conducteurs sont tenus au courant de nos prises de position.

– en organisant des campagnes de mobilisation auprès des élus et du gouvernement pour faire évoluer les politiques et les moyens mis en œuvre pour garantir notre sécurité sur les routes et notre liberté de conduire.